18 novembre 2009
C’est aujourd’hui que se termine le sommet mondial sur la sécurité alimentaire, qui se tient à Rome depuis lundi. Ce sommet aura été marqué par de nombreux discours de chefs d’Etat et de gouvernement, l’organisation de tables rondes et une déclaration. Retour sur les points clés de celle-ci.
Â
Quelques objectifs chiffrés
« Nous décidons de veiller à ce que des mesures urgentes soient prises aux niveaux national, régional et mondial pour assurer la concrétisation pleine et entière de l’Objectif du Millénaire pour le développement n° 1 et de l’Objectif du Sommet mondial de l’alimentation de 1996, à savoir réduire de moitié respectivement le pourcentage et le nombre de personnes souffrant de faim et de malnutrition d’ici à 2015 ».
« Il est crucial de tenir tous les engagements en matière d’aide publique au développement (APD), notamment ceux qu’ont pris de nombreux pays développés d’atteindre les objectifs de 0,7 pour cent du produit intérieur brut (PIB) pour l’APD en faveur des pays en développement d’ici à 2015, et au minimum 0,5 pour cent du PIB pour l’APD d’ici à 2010, ainsi qu’un objectif de 0,2 pour cent du PIB pour l’APD en faveur des pays les moins avancés ».
Augmentation de la production agricole et des financements
« Nous décidons d’inverser la tendance à la diminution des financements nationaux et internationaux consacrés à l’agriculture, à la sécurité alimentaire et au développement rural des pays en développement ».
Réforme du Comité de la sécurité alimentaire mondial (CSA)
- La société civile en devient un acteur majeur.
- Participation de l’Équipe spéciale de haut niveau sur la crise mondiale de la sécurité alimentaire, des institutions concernées des Nations Unies et des IFI.
- Appui en faveur de la création d’un groupe d’experts de haut niveau, ayant pour objectif d’assurer l’insertion régulière d’avis fondés sur des données et des connaissances scientifiques.
Anticipation des problèmes liés au changement climatique
L’accent est mis sur les enfants, les femmes et les petits exploitants des pays les plus vulnérables.
Soutien aux engagements politiques, assortis d’un calendrier, pris par certains pays
Pour n'en citer que quelques-uns:
- Le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA) du nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).
- L'initiative «l’Amérique latine et les Caraïbes libérées de la faim en 2025», le «Cadre intégré de la sécurité alimentaire de l’ANASE» et la «Déclaration de Riyad sur le renforcement de la coopération arabe pour faire face aux crises alimentaires mondiales».
- L’engagement pris par les dirigeants africains, dans la Déclaration de Maputo, de consacrer à l’agriculture et au développement rural 10 pour cent au moins de leurs dépenses budgétaires.
Proclamation du droit de chaque être humain à avoir accès à une nourriture saine, suffisante et nutritive
« Nous proclamons le droit de chaque être humain à avoir accès à une nourriture saine,suffisante et nutritive, conformément à la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquate. »
Importance de la FAO, du FIDA, du PAM et des institutions financières internationales (IFI)
« Nous encourageons une intensification de la coordination entre toutes les institutions des Nations Unies, en particulier la FAO, le FIDA et le PAM, et les institutions financières internationales (IFI). »
Les chefs d'Etat et de gouvernement ont également souligné la nécessité de:
- Supprimer les restrictions imposées aux exportations alimentaires ou les taxes extraordinaires sur les aliments achetés à des fins humanitaires non commerciales.
- Inscrire dans la durée la production et l’utilisation des biocarburants.
- Evaluer l’intérêt de constituer des stocks pour faire face à des urgences humanitaires ou pour limiter l’instabilité des prix.
- Réduire les pertes avant et après récolte.
- Développer les marchés locaux et l’accès équitable de tous aux marchés nationaux, régionaux et internationaux.
- Instituer des filets de sécurité tels que la distribution d’espèces ou de bons d’approvisionnement.
- Encourager la recherche.
- Améliorer la qualité des statistiques agricoles nationales et des systèmes d’alerte précoce et de prévision en cas d’insécurité ou de vulnérabilité alimentaire.
- Prévenir et maîtriser les ravageurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes.
Â
Alice Garnier
Droit de l'Environnement
Crédits de l'illustration : DR