20 juillet 2011
Les températures automnales de ce mois de juillet ne doivent pas éclipser les déclarations des experts du GIEC, réunis cette semaine à Brest, qui estiment inéluctable la hausse de 2°C d’ici la fin du siècle.
Partant du principe que l’anticipation des conséquences du changement climatique permettra une meilleure adaptation à un moindre coût, la ministre de l’écologie a présenté aujourd’hui le plan national d’adaptation au changement climatique, en précisant qu’il ne dispensait pas des mesures de lutte contre le réchauffement.
Fruit d’une large concertation entre les services de l’Etat, des scientifiques, et les parties prenantes du Grenelle de l’environnement, ce plan regroupe plus de 80 actions déclinées en près de 230 mesures pour la période 2011-2015.
170 millions d’euros seront strictement dédiés à ces actions tandis que certaines mesures transversales bénéficieront d’autres financements.
La ministre a souhaité mettre en avant quatre axes majeurs et prioritaires pour lesquels une action précoce est nécessaire. Il s’agit de :
o   l’économie et l’optimisation de l’usage de l’eau, avec une baisse de la consommation de 20 % d’ici 2020. La réutilisation des eaux usées pour l’irrigation ou les usages industriels, ainsi que la détection des fuites doivent permettre d’atteindre cet objectif.
o   la santé. Le changement climatique et la modification des aires de répartitions de certaines espèces devrait accélérer l’apparition ou l’amplification de certaines pathologies. C’est pourquoi le dispositif de surveillance des pollens et des insectes vecteurs et microorganismes doit être renforcé. Un groupe de veille santé-climat sera créé au sein du Haut conseil de la santé publique. Il sera chargé d’évaluer les données, d’alerter et de faire des recommandations aux pouvoirs publics.
o  l’aménagement du territoire doit également être conçu dès maintenant pour être adapté aux contraintes à venir. Pour faire face aux risques de températures élevées, d’inondations, ou aux cycles de gel/dégel plus fréquents, le plan prévoit de renforcer l’observation des côtes françaises, d’intégrer le risque de submersion dans les plans littoraux ou encore de revoir les normes techniques pour la construction des routes.
o   la préservation de la forêt, passe par l’adaptation de nouvelles générations d’arbres à travers la diversification des ressources génétiques. Le plan prévoit donc l’identification des espèces résistantes ainsi que des aides financières pour les exploitants forestiers.
Le plan, qui ne comporte que des mesures réglementaires, fera l’objet d’un suivi annuel dans le cadre d’un Comité d’évaluation associant les 5 collèges du Grenelle de l’Environnement, d’une évaluation à mi-parcours fin 2013 et d’une évaluation finale fin 2015, afin de préparer la suite.
JB
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