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Biodiversité agricole

Vers la libération du marché des semences ?

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6 février 2012

En 2005, la Société Graines Baumaux a introduit une action en concurrence déloyale devant  le tribunal de grande instance de Nancy à l’encontre de l’association Kokopelli. En effet, cette dernière distribue des semences potagères issues de variétés anciennes, paysannes ou rares dans le but de faire vivre la biodiversité agricole. Toutefois, la législation européenne actuelle interdit la commercialisation de semences alternatives dès lors qu’elles ne sont pas enregistrées au catalogue officiel.

L'association est alors condamnée en novembre 2007 à 10 000 euros d’amende.
Elle décide d’interjeter appel de ce jugement et demande à la cour d’appel de Nancy d’interroger la Cour de justice de l’Union européenne sur la conformité de la directive 2002/55/CE (sur les semences de légumes), la directive 2002/53/CE (relative au catalogue commun des variétés), la directive 2009/145/CE (introduisant certaines dérogations), ainsi que la directive 98/95/CE (modifiant les directives relatives aux variétés végétales génétiquement modifiées et aux ressources génétiques des plantes) au regard des droits et principes fondamentaux de l’Union européenne.
L’avocat général à la CJUE, Mme Kokott, qui a rendu publiques ses conclusions le 19 janvier 2012, estime que l’interdiction de commercialiser les semences « anciennes » non officiellement admises au catalogue de l'UE, prévue à l’article 3, paragraphe 1, de la directive 2002/55/CE, « est invalide en ce qu’elle viole le droit de l’Union » dans son « principe de proportionnalité », de « liberté d’entreprise au sens de l’article 16 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne », de « libre circulation des marchandises au sens de l’article 34 TFUE », et du « principe d’égalité de traitement au sens de l’article 20 de ladite charte ».
En revanche, aucun élément de nature à mettre en cause la validité des autres dispositions de la directive 2002/55/CE ainsi que celle des directives 98/95/CE, 2002/53/CE et 2009/145/CE n’é été relevé.
Alors que la Commission prépare la réforme de la réglementation sur les semences, la CJUE devrait suivre ces conclusions, favorables à Kokopelli.



Pour en savoir plus :

Claire Prieur

Crédits de l'illustration : DR



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