Acier écologique : comment en produire sans rejet de carbone dans l’atmosphère ?

Le constat n’est pas brillant : la production d’acier dans notre pays est responsable d’un quart des émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’origine industrielle. Et nous ne sommes pas un cas isolé, de nombreux autres pays d’Europe font la même constatation.

Le projet Ulcos, lancé en 2004, est un groupement de 48 entreprises, universités et instituts de recherche européens ayant pour objectif de réduire de moitié ces émissions de CO₂. Notons qu’Arcelor Mittal, leader mondial dans la production d’acier en France, est le principal coordinateur de ce projet.

Quelles technologies pour fabriquer de l’acier propre ?

L’acier est un alliage métallique constitué de fer et de carbone (ce dernier seulement à hauteur de 1 à 2 % de la masse totale. Cela dit, c’est précisément cette teneur en carbone qui va donner à l’acier ses propriétés).

L’acier est en effet réputé pour sa solidité et sa durabilité. Il est utilisé en guise d’infrastructure pour de nombreux édifices de grandes dimensions et des contraintes de portances importantes, mais aussi pour résister à de fortes pressions par exemple pour des tubes en acier destinés à des conduites forcées ou le pompage d’eau.

Les études réalisées ont permis de dégager cinq grands axes d’action. Ces procédés sont envisagés pour supprimer les émissions de CO₂ et ainsi réduire l’empreinte environnementale des industries :

  1. remplacer le charbon par du charbon de bois. Ce procédé a été employé durant des siècles et l’est encore aujourd’hui au Brésil.
  1. recycler avec des fours électriques ;
  1. électrolyser le minerai de fer fondu ;
  1. remplacer le mélange de gaz par de l’hydrogène, lui-même obtenu par électrolyse de l’eau. De cette façon, la réduction du minerai de fer ne génère que de l’eau comme sous-produit.
  1. capturer le CO₂ qui s’échappe des hauts fourneaux pour le stocker ou le réutiliser (faute de mieux).

Cela dit, ces technologies innovantes ont un coût estimé entre 20 et 40 milliards d’euros. Changer de modèle oui, mais ce n’est pas si simple.


Produire de l’acier propre, c’est possible, mais…

Si produire de l’acier propre, donc sans émission de CO₂ fait désormais partie du champ des possibles, son coût de production est beaucoup plus élevé que celui de la méthode classique. Chacun de nous espère pour demain un monde exempt de CO₂, mais le chemin pour parvenir à un tel niveau est semé d’embûches.

Fabriquer de l’acier est une activité très polluante, puisqu’elle résulte d’un mélange à très haute température de charbon et de fer. La production industrielle d’acier représenterait à elle seule 7 % des émissions mondiales de CO₂.

Une des pistes envisagée est d’interdire, ou de taxer très lourdement, l’acier impropre en provenance de Chine, puisqu’il ne respecterait pas les règles de notre acier “propre”. Mais qui va payer le surcoût de 40 milliards pour nous permettre de produire de l’acier propre ? Le consommateur ? L’État, et donc par ricochets, nos impôts ?

La révolution dans le monde de la sidérurgie est prévue aux environs de 2025. On pourra alors envisager une production d’acier sans émission de CO₂ à grande échelle, conformément aux préoccupations actuelles pour l’environnement et les énergies fossiles. Le changement est en marche, mais de nombreux efforts restent à faire.

Auteur de l’article : Camille

Camille
Grande voyageuse et très sensible à tout ce qui touche à l’environnement, le tire la sonnette d'alarme à travers ce blog tout en essayant de sensibiliser les plus septiques !

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