La chimie verte, une alternative aux énergies fossiles ?

La betterave peut-elle être un composant alternatif au pétrole ? L’idée pourrait faire sourire, c’est pourtant aujourd’hui une réalité scientifique ! L’exploit a été réalisé par Régis Nouille et Jérémy Pessiot, respectivement ingénieur chimiste et docteur en microbiologie. Nos deux protagonistes sont les jeunes patrons d’AFRYEN, une PME française spécialisée dans les biotechnologies basée initialement à Aubière dans le Puy-de-Dôme avant de déménager près de Clermont-Ferrand. Nous nous intéressons aujourd’hui à leurs travaux qui portent sur le développement d’une biotechnologie innovante, récemment récompensée en 2014 aux lauréats du concours international de l’innovation 2030. Régis Nouaille est par ailleurs, ambassadeur de la French Tech à la COP 21.

AFRYEN: la biotechnologie au service de la planète

La biotechnologie d’AFRYEN utilise nos déchets verts pour fournir aux particuliers – et à termes aux industriels – une alternative à l’utilisation du pétrole ou à toutes autres formes d’énergies fossiles. Mais avant de renvoyer les énergies fossiles au règne des dinosaures, le projet demande à être développé sur un plan industriel. En l’état actuel du projet, la PME auvergnate n’en est qu’à la phase de pilotage de son business plan. Pour dépasser le stade de la simple expérimentation, AFRYEN doit lever des fonds pour espérer amener son projet au stade industriel. Sans ces investissements essentiels, l’idée prometteuse de combustible écologie risque de rester à l’état d’utopie écologique, en l’absence de soutien des investisseurs. C’est en 2017, que la levée de fonds a été finalement décidée par la direction ; celle-ci fut élevée à hauteur de 1,2 millions d’euros, un premier pas qui pourrait amener plan de financement. Grâce à cette levée de fonds, l’objectif premier d’AFRYEN serait de financer la construction en Auvergne d’une usine de production spécialisée dans les biotechnologies.

Le projet semble tenir toutes ses promesses, mais par quel procédé AFRYEN compte obtenir une « bio énergie » produite naturellement et en quantité suffisante pour se substituer au pétrole ?

La pulpe de betterave : le carburant de demain ?

Le concept de cette biotechnologie repose sur la valorisation des déchets organiques issus de la biomasse. Le principal composant bio-chimique qui intéresse nos deux brillants chimistes est « la pulpe de betterave », couramment utilisé comme un sous-produit de l’industrie sucrière. Par ailleurs, la production de bioéthanol peut-être réalisé à partir de la transformation de la pulpe de betterave. Cette pulpe, associée à la présence de micro-organismes, entre en phase de fermentation au cours de l’opération ; le résultat donne une production d’acides qui peuvent être utilisés comme agent naturel pour la conservation des produits alimentaires. Cet « acide vert », pouvant par exemple, se substituer aux conservateurs de synthèse, produits habituellement par l’industrie pétrochimique.

Pour AFRYEN, l’objectif à moyen terme d’élever sa production à plusieurs milliers de tonnes de son « acide vert », pour une application énergétique de plus grande ampleur dans le futur, et pourquoi pas un jour à un niveau industriel.

Le principe de la chimie verte et de la biomasse

Selon Régis Nouaille, c’est donc par une astucieuse « combinaison de la biologie et de la chimie verte » que le procédé recèle tout le potentiel énergétique insoupçonné en germe dans la biomasse. Chaque jour plusieurs centaines de milliers de tonnes de déchets végétaux sont inemployés et pourrait être utilisée ! Une masse énergétique absolument considérable pourrait se convertir en énergie utilisable, si les investisseurs songeaient à s’intéresser à ce genre de travaux innovants.

L’efficacité énergétique de la biomasse est prouvée sur un plan expérimental. Que l’on songe par exemple au « Chauffe Eau avec Compost » de Jean Pain, – une autre invention française – capable de produire de la chaleur durant toute l’année grâce aux effets de la biomasse exercés sur un ballon d’eau. Le chauffe eau de Jean Pain produit, en l’occurrence, de la chaleur naturelle à l’aide d’un ballon, environné de compost naturelle et de déchets organiques, dont l’action peut faire monter la température de l’eau jusqu’à 65°c ! Et ce grâce à l’unique action des micro-organismes ! C’est pourquoi nous encourageons toutes les initiatives pour le développement du compostage de la biomasse, et l’installation des composteurs collectifs, qui se multiplient un peu partout dans les grandes villes. Si vous possédez vous-même un jardin, vous pouvez construire votre propre composteur avec du bois de palette de récupération ! Pour toutes les astuces vertes, nous vous conseillons la visite du site d’informations écologiques http://www.terredinfostv.fr si vous désirez vous mettre sérieusement au compostage de vos déchets ou construire vous-même votre propre composteur !

Souhaitons que l’initiative de Régis Nouille et Jérémy Pessiot puisse rencontrer le succès qu’il mérite, et faire prendre conscience de la pertinence de l’utilité de la biomasse dans le développement des énergies nouvelles et écologiques. En espérant que le projet tienne également compte du concept « d’énergie incorporée », l’énergie totale dépensée pour produire un produit écologique, et non simplement l’indice carbone du produit finit. Un concept qui échappe à la plupart des consciences, en particulier celles des investisseurs, plus soucieux avant tout, de rentabilité économique, que de développement écologique réel.

Auteur de l’article : Manu

Manu
Grand voyageur et très sensible à tout ce qui touche à l’environnement, le tire la sonnette d'alarme à travers ce blog tout en essayant de sensibiliser les plus septiques !

1 commentaire sur “La chimie verte, une alternative aux énergies fossiles ?

    Manu

    Manu

    (février 5, 2018 - 7:34 )

    Article très instructif qui a été écrit par un partenaire. Je recommande vivement sa lecture !

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