Le 24 mars, c’était l’Earth Hour. Retour sur ce mouvement

Samedi 24 mars dernier, comme chaque dernier samedi du mois depuis 2007, c’était l’Earth Hour, ou « Une heure pour la planète ». Lancée en 2007 par le World Wide Fund for Nature (WWF) et le Sydney Morning Herald, un grand quotidien australien, l’événement est désormais mondial. Il consiste à couper les lumières et débrancher les appareils électriques non essentiels pendant une heure. Soixante minutes symboliques pour promouvoir l’économie d’électricité, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le réchauffement climatique. Cette année et jusqu’en 2020, WWF souhaite également interpeller la population sur la sauvegarde de la biodiversité, menacée partout dans le monde à cause de l’activité humaine. On vous décrypte ce mouvement.

L’EARTH HOUR

earth-hourEarth Hour : une heure pour la planète. Samedi 24 mars dernier, plusieurs millions de personnes ont éteint les lumières de leur domicile et des milliers de monuments ont été plongés dans le noir. De Sydney à New York, en passant par Singapour, Londres, Paris ou Honolulu, 188 pays ont éteint leurs édifices. Une heure symbolique pour inciter la population, les collectivités et les entreprises à économiser l’électricité. L’enjeu ? Réduire la pollution lumineuse, les émissions de gaz à effet de serre et lutter contre le réchauffement climatique. Si nous sommes tous responsables, nous pouvons tous également être acteurs du changement. C’est aussi cela, le message de l’Earth Hour.

Petite histoire de l’Earth Hour

Tout commence à Sidney

Tout commence en 2004 à Sydney. La WWF Australienne s’associe à une agence de publicité pour trouver un concept capable de sensibiliser à grande échelle les Australiens sur la question du changement climatique. Trois ans plus tard, avec le soutien du quotidien national Sydney Morning Herald et du maire de l’époque, Clover Moore, l’Earth Hour naissait. Le samedi 31 mars 2007, de 19h30 à 20h30, les habitants de Sydney étaient invités à éteindre leurs lumières et à débrancher leurs appareils électriques non essentiels.

Mais aussi en Europe

La même année, et sans concertation, une idée similaire naissait en France et en Belgique. L’Alliance pour la Planète, un collectif français regroupant une centaine d’ONG environnementales, et des associations belges de protection de l’environnement s’associaient. C’était le jeudi 1er février 2007, jour où les experts des Nations-Unies présentaient à Paris leur nouveau rapport sur les changements climatiques. Dans les deux pays, les citoyens étaient invités à éteindre leurs lampes et appareils électriques entre 19h55 et 20h. Objectif ? « Envoyer un message symbolique mais fort à destination des décideurs politiques pour leur demander de prendre sans tarder des mesures concrètes et radicales dans la lutte contre le réchauffement global qui menace les équilibres de la planète. »

L’année suivante, en 2008, 35 pays rejoignent le mouvement Earth Hour. En 2010, il devient le plus grand événement mondial de la planète. En 2013, ce sont plus de 150 pays qui participent. En 2016, Paris remporte le titre de capitale mondial d’Earth Hour. Et, en 2017, près de 7000 villes dans 187 pays ont éteint leurs monuments.

L’éclairage, un gouffre énergétique

Avec un mouvement comme Earth Hour, il y avait bien des options pour sensibiliser la population au réchauffement climatique. La WWF aurait pu inciter la population à ne pas prendre sa voiture, à ne pas acheter de produits conçus à l’étranger, à manger local et bio, etc. Si l’électricité a été choisie, c’est qu’elle concentre de nombreux problèmes. Déchets nucléaires, ressources non-renouvelables, gaspillage et pollution lumineuse ne sont que des exemples.

Saviez-vous que plus de 80% de l’humanité vit désormais sous un ciel inondé de lumière artificielle ? Aux Etats-Unis et en Europe occidentale, 99% de la population est concernée. La majorité ne peut même plus voir la Voie lactée.

Un problème difficile à résoudre car ancré dans les mentalités. Eclairage est souvent synonyme de sécurité pour la population. Pour les villes, c’est un signe de richesse. Mais pour la planète, c’est une agression. En effet, l’excès de lumière perturbe la reproduction des espèces, les oiseaux ne peuvent plus utiliser les étoiles comme boussoles, l’horloge biologique des insectes est perturbée, tout comme les animaux migrateurs. Et nous aussi sommes touchés par l’excès de lumière, qui dérègle l’horloge biologique, entraînant un risque accru de maladies chroniques.

Il est donc nécessaire et urgent de réguler l’éclairage public mais aussi privé, à l’image des banques et vitrines qui restent éclairés toute la nuit par exemple.

Earth Hour contre la perte de biodiversité

Depuis cette année et jusqu’en 2020, l’Earth Hour ne sensibilise plus seulement à l’utilisation excessive d’électricité. La Convention de l’Onu sur la biodiversité (CBD) a choisi de faire d’Earth Hour l’événement mondial de référence autour de la nature. Alors WWF a décidé d’interpeller également la population sur la sauvegarde de la nature, à l’occasion de l’ouverture en Colombie de la réunion des experts de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbe). Les experts doivent rendre un diagnostic sur l’état de la faune, de la flore et des sols.

biodiversiteA cette occasion, WWF veut déclencher une prise de conscience de la valeur de la biodiversité. Car les changements climatiques entraînent inévitablement une perte de biodiversité : sécheresse et dégradation des paysages, réchauffement des océans, blanchissement des coraux, disparitions d’espèces, etc. En cinquante ans, les populations d’espèces sauvages dans le monde ont diminué de 67%. Et c’est un véritable cercle vicieux puisque cette perte de biodiversité aggrave à son tour les impacts du changement climatique. La disparition des espèces provoque l’effondrement des écosystèmes : air, eau, nourriture et températures sont menacés.

Et cela ne concerne pas seulement les animaux sauvages. Près de la moitié de la population mondiale, y compris au sein des plus grandes villes, vivra une grave pénurie d’eau d’ici 2030. Notre nourriture est également menacée puisque 30% de ce que nous mangeons dépend de la pollinisation par les insectes. Les océans, dans lesquels nous déversons plastique et produits chimiques toxiques, produisent la moitié de l’oxygène que nous respirons.

Conclusion

Face à ces constats alarmants, il est donc urgent de se mobiliser pour inverser la tendance tant que cela est encore possible. Chacun et chacune d’entre nous peut faire partie de la solution au lieu de contribuer au problème. Earth Hour est une manière parmi d’autres de faire un geste pour la planète mais aussi pour l’humanité.

Auteur de l’article : Herve

Herve
Attentif à la cause environnementale depuis très longtemps, je peux partager ma passion via ce blog. Père des 3 enfants, heureux mari .. et propriétaire d'un chien et deux chats.

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